L'inquisition Disquisition

ENTREVUE

L'ART DE RECUEILLIR LES FAITS

Alain Harvey, CFEI

DISPONIBLE EN 2024

Au Moyen Âge, la recherche de vérité consistait à torturer une personne dans le but de favoriser des aveux. Instauré par l’église au Xlle siècle, afin de lutter contre l’hérésie, « l’Inquisition » du mot latin « inquisitio », permettait au tribunal, dirigé par un évêque, d’interroger un témoin à dire la vérité. Certaines parties de son corps étaient alors soumises à d’intenses souffrances.

Dans l’esprit du droit médiéval, il s’agissait d’une méthode de persuasion plutôt que de répression, donnant ainsi l’impression que ceux qui avaient à juger préféraient s’en remettre à Dieu plutôt qu’à l’analyse des faits.

Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Recueillir un témoignage ne se limite pas à poser de simples questions pour obtenir des réponses. L’art de mener une « Disquisition », c’est-à-dire la recherche minutieuse sur une question pouvant être imprécise, est de savoir quelle question apportera le plus d’information afin d’établir ce qui s’est réellement produit.

Pour ce faire, il faut savoir écouter et analyser rapidement chacun des mots prononcés par un témoin afin d’éclaircir ce qui se cache derrière chacune de ces réponses. Au-delà de la perception et des exagérations, il faudra séparer le vrai du faux, ramener le témoin au point « 0 donc au moment exact où sa mémoire a commencé à enregistrer les événements. Pour y arriver, il faudra lui faire revivre ses souvenirs sans jamais perdre le contrôle de son récit, ni de lui dicter les réponses à même vos propres questions.

S’adressant à toutes les personnes œuvrant dans le domaine des enquêtes, ou ayant à effectuer des entrevues, ce livre présente une façon de procéder qui vous apportera beaucoup plus de réponses que de questions. Agrémenter de cas vécus issus de l’expérience de l’auteur, vous serez appelés à parfaire votre propre technique d’entrevue en effectuant de petits exercices qui changeront votre perception de ce que vous croyez être la vérité.

La réalité c’est que les gens mentent ! Mais pourquoi ?
À vous de mener l’entrevue.

INTRODUCTION

La première image de l'humanité il y a de cela 36 000 ans

Alain Harvey, CFEI

Découverte en décembre 1994 par trois spéléologues[1] ardéchois, la grotte de Chauvet[2] est sans équivoque la première et véritable documentation historique faite par l’homme. Le site comporte plus d’un millier de peintures et de gravures, dont 420 représentations d’animaux, dont certaines de ces peintures ont été réalisées il y a près de 36 000 ans avant J-C. 

Figées pour l’éternité sur les parois de cette grotte, ces premières images de l’humanité nous racontent aujourd’hui des évènements du passé comme si l’homme préhistorique savait qu’il se devait de documenter afin que nous puissions un jour analyser ces informations et en tirer nos propres conclusions.

Mais qu’en est-il de nos événements ? Sommes-nous aussi consciencieux dans notre façon de faire à bien documenter ce que nous observons ? Quels sont les outils et moyens mis à notre disposition afin d’assurer que les faits observés et les informations reçues soient correctement pris en note afin de garantir leur pérennité ?

Issue de l’expérience et de l’expertise de chacun des co-auteurs, ce livre n’ayant aucune prétention d’être un ouvrage scientifique, représente les premiers pas vers une méthodologie qui vous guidera tout au long de vos enquêtes afin de bien documenter vos scènes d’incendie.    

Bien que certains aspects de ce livre soient issus de références externes, rien n’a été négligé afin d’en mentionner la source lorsque connue ou de donner crédit à leurs auteurs le cas échéant.

À la lecture des différents chapitres, vous serez invité à considérer deux mots importants « Méthodologie » et « Documentation ».

Chaque chapitre a été pensé et structuré de manière à permettre à tout enquêteur de trouver l’information pertinente concernant la méthodologie à suivre lors de l’expertise d’une scène incendie. De plus, chaque co-auteur a mis l’accent sur l’importance et les raisons de bien documenter la scène.

En trame de fond, la méthodologie issue de la méthodologie scientifique a été le fil conducteur tout au long de ce livre. Exposée dans le premier chapitre, cette méthode, loin d’être infaillible, permet aux enquêteurs, tant chevronnés que débutants, de bien entreprendre une enquête. Les signes et les traces objectifs sont ensuite expliqués d’un point de vue purement scientifique. Les techniques traditionnelles de documentation telles que la prise de notes, la photographie, les plans ainsi que la confection d’un croquis sont exposées dans les chapitres suivants.

Malgré le fait que l’électricité constitue une source de chaleur potentielle d’incendie, l’enquêteur doit cependant demeurer prudent avant d’affirmer qu’il s’agit de la cause. Un chapitre expliquera que parfois ce qui peut sembler une cause n’est qu’une conséquence qui faudra tout de même documenter.    

La recherche de produits accélérants peut être facilitée par l’utilisation de chiens détecteurs. Dans tous les cas où un prélèvement s’avère obligatoire, la méthodologie est expliquée dans ce livre tout comme la phase de déblai et de reconstitution, une étape importante qui se doit d’être documentée.

Enfin, après avoir déterminé les circonstances et la cause de l’incendie, la consignation de toutes les informations recueillies au cours de l’enquête doit être insérée dans un rapport selon une certaine méthodologie qui sera expliquée dans le dernier chapitre de ce livre.

Nous vous souhaitons bonne lecture !

[1] La Grotte de Chauvet fut découverte par les spéléologues Jean-Marie Chauvet, Éliette Brunel et Christian Hillaire.

[2] Située en France en Ardèche, à Vallon-Pont-d’Arc, le long de la Combe d’Estre.

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